Renouveau en Verdurie

L'état de Verdurie est un petit état frontalier de Métropolis. Il est également l'un de ses plus anciens alliés.

Renouveau en Verdurie

Messagede General Crow » Dim 11 Oct 2009 03:35

Le grand rassemblement des troupes de Métropolis qui occupaient le territoire de Verdurie s'était peu à peu dispersé. Quelques milliers de soldats issus du monde ouvriers avaient décidé de s'installer en Verdurie maintenant que c'était un pays libre où la démocratie allait être instaurée, quelques centaines de soldats avaient décidé de rester en intégrant les troupes révolutionnaires. L'ALPI avait fait mouvement et avait saisi l'ensemble des équipements, armes et munition de l'armée de Métropolis sur le territoire de Verdurie, ainsi que le trésor destiné à payer les soldats. Ajouté à ce qui avait été pris à l'armée cathane occupant le territoire Verdurien auparavant, l'ALPI disposait maintenant de tout le matériel d'une véritable armée et avait les moyens de repousser toute tentative d'agression sur le sol de Verdurie venant de Cathanie ou de Métropolis.

Le temps était maintenant venu de réunir la population de Verdurie dans son ensemble pour ce qui allait être une longue période de débats sur la forme que prendrait le nouvel état de Verdurie. Crow ne savait pas encore tout à fait lui-même ce qu'il comptait proposer pour ce pays nouveau. C'est pourquoi il avait opté pour une formule simple dans le message qui avait été placardé à travers toute la Verdurie ou allait l'être.

Quelle société pour nos enfants ? Quelle société pour notre avenir ?

La monarchie n'est plus, l'heure est venue de la démocratie.

Réunions publique au champs de mars du Palais royal, c'est vous qui déciderez de votre avenir !


La distribution de rations alimentaires se fera sur le lieu des réunions pour le renouveau de la Verdurie. Il en sera ainsi jusqu'à la fin de ces discussions et jusqu'à l'avènement d'une nouvelle forme de gouvernement en Verdurie.


Le choix qui avait été fait pour s'assurer la présence de la majorité des familles de Verdurie fonctionneraient probablement, il était en tout cas impératif au yeux des penseurs de la CNST que tous participent à la mise en place du nouvel état Verdurien sans quoi sa légitimité ne saurait être assurée et il serait difficile de mettre en place une société moderne. Le gros du travail allait consister à apprendre aux Verduriens l'idéologie du parti pour qu'elle soit intégrée par eux et qu'ils ne la ressentent pas comme une menace extérieure.

Crow restait plongé dans ses réflexions et ne parvenait pas à trouver une réponse satisfaisante. Il fit appel à Torellini, qu'il savait d'un courant d'idées différent, et attendit. Peut-être que discuter avec son vieux camarade lui apporterait enfin des solutions.
Le pouvoir politique sort du canon d'un fusil.
Marx n'a rien inventé ! Il me doit tout !
Avatar de l’utilisateur
General Crow
Administrateur
 
Messages: 116
Inscription: Dim 4 Oct 2009 08:05

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede Benedicte Torellini, CNST » Dim 11 Oct 2009 03:36

Bénédicte Torellini arriva un peu plus tard dans le bureau provisoire du général Crow. Il savait parfaitement de quoi ce dernier voulait lui parler. Les autres membres du bureau politique n'auraient aucune influence sur leur discussion. Bénédicte y veillerait. Il avait devant lui une porte ouverte ; jamais l'idéal qu'il avait bâti ne s'était trouvé si proche et facile à atteindre. Désormais, plus rien ni personne ne pourrait entraver la route du monde nouveau dont il avait tant rêvé et pour lequel il avait consenti les plus terribles sacrifices. Pas même le héros du jour, Lee Crow, ne saurait empêcher l'avènement de la société révolutionnaire de Torellini.
Ce jour là, il avait l'esprit affûté comme un couteau. Même s'il paraissait toujours aussi amical, son regard était un poison, son sourire un poignard. Alors que le doute tenaillait son vieux camarade, la détermination dévorait son cœur et le poussait en avant.

Crow prit la parole :

« Alors camarade, qu'allons nous faire de ce pays ? Nous est à accomplir ! Nous allons devoir nous préparer à accueillir tous ceux qui ne supportent plus monarchies et républiques molles, nous procurer des denrées de première nécessité en attendant de pouvoir assurer la sécurité alimentaire d'une population qui a payé un terrible tribut à la guerre, et reconstruire des infrastructures pour maintenir la production. En plus la population de ce pays a une expérience de la citoyenneté et de la possibilité de se diriger soi-même proche du néant !
- Avant toute chose, continuons ce que j'ai commencé. En obligeant le peuple à participer à son propre avenir et en le poussant à s'impliquer dans la gestion du pays, nous allons inculquer aux verduriens la responsabilité et l'envie de participer activement à la gestion de leur pays. Je pense que pour assurer le fonctionnement en attendant que le peuple ait choisi sa forme de gestion nous devrions avoir recours au système interne de la CNST. Il a fait ses preuves jusqu'à présent.
- Tu te rends compte de ce que tu proposes ?! Nous ne pouvons quand même pas laisser un peuple qui n'a jamais connu que la servitude choisir lui-même sa forme de gestion ! Dans le meilleur des cas, nous nous retrouverons avec une majorité en faveur d'une république bourgeoise comme celle de Métropolis ! Nous serons obligé d'aller à l'encontre de la volonté du peuple ! Si...
- Je prends le risque ! Je suis convaincu que nous serons capables d'éduquer le peuple et d'amener les verduriens à adopter l'autogestion et une forme de gestion de l'état démocratique et solidaire en dehors de tous les schémas de la société traditionnelle. De toute façon les perdants de cette guerre auront trop peur, seront trop convaincus de notre hypothétique cruauté pour oser avoir le courage de proposer des formes de gouvernement en opposition avec la révolution.
- Dans ce cas nous devrons fournir une démonstration de notre victoire totale et définitive ! Exécutons le prince Charles de façon exemplaire et toute trace de monarchie disparaîtra avec lui !
- Certainement pas ! Toute ma vie j'ai lutté contre la monarchie, les états autoritaires. Je ne m'abaisserai pas à une répression aussi inutile que barbare qui me ramènerait au niveau des tyrans que j'ai toujours combattu. Nous avons vécu et cette victoire est totale ! L'ennemi est écrasé, nos forces assez grandes pour résister aux agressions extérieures ! L'exécution du prince ne se justifie absolument pas ! Nous aurions tort de nous attarder à écraser un homme déjà à terre et qui ne pourra plus jamais se dresser contre nous.
- Qu'est-ce qui te fait croire qu'il ne représentera plus jamais une menace ?
- C'est simple, nous allons le rééduquer lui aussi. Ensuite, offrons lui l'opportunité du pouvoir ailleurs, si jamais nous pensons qu'il pourrait encore le rechercher.
Où ça par le plus grand des hasards ?
- Métropolis. C'est le lieu où nous aurons les meilleures raisons de l'envoyer, et là-bas il pourra rappeler à tous ceux qui seraient tentés de s'opposer à nous que nous sommes les plus puissants de part notre idéal et la détermination dont nos camarades sont capables tant dans l'effort de production qu'au combat.
- Soit, si tu y tiens. Mais il n'empêche qu'en l'état, seul un gouvernement centralisé sera en mesure de permettre à la Verdurie de fonctionner correctement. Si nous nous en remettons au peuple nous ne pourrons pas planifier une production suffisante pour répondre à nos besoins.
- Je ne suis pas de cet avis. Les entreprises autogérées de Métropolis pourront aussi fonctionner ici. La CNST peut fournir des camarades à la Verdurie. Je le prouverai
- Dans ce cas, nous en reparlerons demain à l'assemblée générale pour le renouveau de la Verdurie.
- Non camarade Crow. Demain, j'exposerai à la face du monde l'image la plus splendide de ce qu'aucune société humaine n'avait encore jamais été.

Torellini se leva et quitta la pièce, laissant le général Crow incapable de répondre. L'assemblée générale journalière qui allait commencer le lendemain serait sans doute la bataille la plus sanglante de leur vie.
Bénédicte Torellini, commissaire du peuple au bureau politique de la CNST.

"La révolution doit être permanente et mondiale pour qu'un monde libre puisse naître et survivre."
Avatar de l’utilisateur
Benedicte Torellini, CNST
 
Messages: 44
Inscription: Dim 4 Oct 2009 21:49

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede Benedicte Torellini, CNST » Dim 11 Oct 2009 03:36

Après une nuit de pleine lune parfaitement calme où chacune des ombres projetées n'annonçait du tumulte à venir que les agitations souterraines. L'aube se leva sur la grande place de Verdurie, face au palais royal, et révéla une grande estrade et tous les sièges qu'on avait pu trouver. Même les fauteuils du palais avaient été réquisitionné et se démarquaient nettement de la masse des sièges qui avaient été pris dans les maisons d'ouvriers des alentours. Des soldats révolutionnaires avaient rassemblé derrière l'estrade les réserves de nourriture à distribuer au peuple pour éviter la disette. Les gens commencèrent peu à peu à arriver. Ils parlaient de la situation, de ce qui allait bien pouvoir se passer... puis des cadres révolutionnaires de la branche locale de la CAS/CNST arrivèrent. Les leaders de l'organisation révolutionnaire ne voulaient surtout pas donner l'air de vouloir manipuler la foule. Le spectacle ne ressemblait pas vraiment à celui d'un parlement. Des mères de familles passaient devant l'estrade pour aller chercher à manger pour la famille pendant que des petits responsables syndicaux locaux pour la plupart s'exprimaient sur leurs convictions. La masse des présents grossissait, sans doute plus par curiosité et pour se procurer à manger que par intérêt pour le débat politique. Mais certains de ceux qui s'exprimaient étaient charismatiques et on osait pas trop leur passer devant pendant qu'ils parlaient pour aller chercher sa ration derrière. Lorsqu'ils se révélaient intéressants, on en venait même à rester un peu plus pour suivre la discussion. Tous ces orateurs faisaient parties des nombreuses tendances de la CAS locale. En Verdurie, loin de Métropolis et de la CNST qui avait été la mère de l'organisation internationale qu'était la CAS, les tendances foisonnaient au sein de l'organisation des révolutionnaires. Il s'agissait bien souvent de variantes des idées de Crow ou de Torellini, les plus largement diffusées, changées pour coller au contexte local et à la situation présente. Les vrais têtes pensantes ne feraient leur apparition que plus tard.

Dans le palais occupé par l'ALPI, Torellini préparait son camp. Il avait arrêté dans un des couloirs de l'aile ouest menant à la place Alexandre Nietski, un membre du bureau politique de la CAS aux idées assez proches des siennes mais qui avait toujours été fidèle à Crow et à sa doctrine cogestionnaire. On entendait au dehors des bribes de discours, lorsque les orateurs commençaient leur phrases après avoir repris leur souffle : « C'est pourquoi... Nous devons donc... Si nous souhaitons rendre à notre pays... »
La rumeur d'une discussion entre les deux maîtres à penser de la CNST s'était propager dans le bureau politique et il fallait que Bénédicte agisse vite pour imposer sa voie et évincer les dirigistes élitistes.
« Camarade Alexandre, mon vieil ami. J'ai conscience que tu es inquiet. Mais qu'y a-t-il de plus dangereux et déshonorant pour nous ? Suivre la volonté d'un peuple libéré de la tyrannie ou imposer à la masse de camarades qui ont fait la démonstration de leur détermination et de leur talent les décisions d'un petit groupe qui n'a pas forcément compris l'étendue de la situation à laquelle les camarades sont confrontés ?
Sois rassuré mon vieil ami. La raison pour laquelle nous faisons venir nos camarades de la CNST est pratique : Pas parce qu'elle va nous permettre de relancer le système productif, même si c'est le cas, mais parce que nos camarades à Métropolis ont maintenant quelques années d'expériences dans le fonctionnement de l'autogestion. Ils savent que ça fonctionne et connaissent le principe d'une économie non-capitaliste : Le système de cotisations en nature et de service militaro-éducatif de la CNST est très proche de ce que pourrait devenir le fonctionnement d'un état révolutionnaire ! Et si nous encourageons les familles des camarades de Métropolis à venir s'installer en Verdurie, crois bien que c'est pour qu'elles ajoutent leur voix à celle des camarades pour faire pencher le choix du peuple vers le bien commun. Les camarades de la CNST, tous ceux qui ont un lien avec nous de près ou de loin à Métropolis savent ce que nous avons fait pour eux et ce qu'ils nous doivent. La confiance qu'ils nous accordent se transmettra à tous ceux avec qui ils auront un contact.
Je t'assure camarade commissaire, on pourra se fier au jugement du peuple lorsque le moment de choisir arrivera.
- Tu dois avoir raison camarade Torellini. Je ne devrais pas m'inquiéter du choix des camarades. Comme moi ils ont conscience de ce que nous te devons. J'espère que ta doctrine de production pourra reprendre très vite.
- Ceci dépend de toi mon ami, dit Bénédicte en montrant du bras la direction de l'assemblée. Il ne tient qu'à toi de prôner la reprise du fonctionnement de ce pays. Souligne juste le fait qu'il n'y a plus les patrons pour faire tourner l'économie mais que les travailleurs et les machines sont toujours là, et que les travailleurs ont toujours besoin de manger, de dormir, de se procurer du matériel aussi courant que des clous ou des vis. »
Le commissaire du peuple Alexandre Nietski hocha la tête et partit par le couloir pour gagner la place. De son côté Torellini alla jusqu'à un bureau auquel manquait son fauteuil et écrivit une note sur papier. Il rédigeait une demande de déploiement pour surveiller la frontière de Cathanie. Il adressa la demande au commissaire du peuple Nicolas Lepontay, un membre du bureau politique ouvertement en faveur d'un organe de direction fort pour guider la masse et qui considérait le commun du peuple comme des moutons à guider vers le « droit chemin » sans leur demander leur avis. Torellini rajouta sur l'ordre d'appel les noms d'autres membres de l'ALPI aux idées trop différentes des siennes et y ajouta un cachet du bureau politique.
Il interpella le premier soldat de l'ALPI qu'il croisa et lui donna la lettre.
« Remettez immédiatement ce message au commissaire du peuple Nicolas Lepontay. D'après nos camarades informateurs il y aurait des mouvements de troupe en Cathanie, il faut surveiller cela avec la plus grande attention. »
L'homme, l'air inquiet, ne posa aucune question et partit d'un pas rapide quérir le membre du bureau centrale de la CAS dont Torellini voulait se débarrasser le temps des premiers débats.
Il se rapprocha ensuite de la place et se prépara à entrer en scène.
Bénédicte Torellini, commissaire du peuple au bureau politique de la CNST.

"La révolution doit être permanente et mondiale pour qu'un monde libre puisse naître et survivre."
Avatar de l’utilisateur
Benedicte Torellini, CNST
 
Messages: 44
Inscription: Dim 4 Oct 2009 21:49

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede General Crow » Dim 11 Oct 2009 03:37

Le général Crow n'était pas au courant des agissements de son camarade Torellini. Personne n'était sensé l'être. Lee Crow avait décidé de jouer sur son charisme du moment, sur le poids que lui donneraient ses victoires militaires. Il serait écouté davantage que les membres locaux de la CAS que Bénédicte et les cadres de la CNST avaient encourager à venir sur la place pour nourrir le débat et offrir de nouvelles propositions. Le magnétisme qu'il avait toujours réussi à exercer sur les foules l'aiderait à faire passer ses positions comme les seules raisonnables, et donc les meilleurs...

Crow attendit un pic d'affluence, vers midi. La place était pleine, beaucoup de personnes étaient debout. La fin comptait plus que les discours et donc une file de personne passait devant l'estrade pour chercher leurs rations. Torellini s'était noyé dans cette foule pour attendre son heure mais le général l'ignorait. Crow monta donc sur l'estrade. Le permanent local de la CAS stoppa net, ne bougeait plus. Le général s'avança donc et prit la parole :
« Camarades, peuple de Verdurie. Aujourd'hui ce pays est encore en état de stase. C'est comme si la guerre n'était pas terminé. Les paysans ne cultivent plus leurs terres, les ouvriers ne vont plus à l'usine, on reste là à attendre de voir ce qui va se passer. Si nous restons ainsi la Verdurie ne pourra pas se relever. Je propose en tout premier lieu de prendre contact avec la Cathanie et Métropolis pour soutenir une paix sure et rétablir nos liens étroits avec Métropolis. Je propose qu'ensuite nous créions un organe centrale qui planifie l'ensemble de la production en fonction des besoins de l'ensemble de la population. Vous pourrez ainsi tous retourner à vos occupations habituelles et bientôt les ressources fournies par la CNST ne vous seront même plus nécessaires.

Torellini sortit de la foule en cet instant et interrompit Crow en restant en bas de l'estrade. Il avait préparé son effet. À force de rester dans l'ombre, et parce que Crow était toujours au premier plan, Bénédicte était beaucoup moins connu que Crow auprès du peuple et surtout physiquement. Seuls les plus attentifs savaient de qui il s'agissait, aussi les présents eurent en grande majorité l'impression que c'était l'un des leurs, un verdurien, qui osait couper le conquérant et monter sur l'estrade. Ce bref mais considérable avantage permit à Torellini de capter l'attention du public le temps de son intervention.

- Malgré tout le respect que je dois à un héros de la guerre ! Je ne suis pas vraiment d'accord avec le général Lee Crow !

C'est à cet instant là que Bénédicte Torellini Monta sur l'estrade. Les présents en restèrent bouche-bée, même les membres de la CAS et de la CNST. Malgré leurs idéologies notoirement différentes, il n'y avait jamais eu d'opposition frontale entre les deux maîtres de la CNST. Les membres des syndicats n'en furent que plus surpris et contribuèrent à la sensation des verduriens qu'un des leurs défiait « l'envahisseur ».

- Je pense que si nous confions à un organisme central toute la production de Verdurie pour la relancer ça ne fonctionnera pas et aura pour effet de donner d'immenses pouvoirs à une petite bande d'administrateurs et bureaucrates étrangers ! Et reprendre le travail de cette façon mènera les verduriens à ne plus pouvoir participer au débat auquel ils sont sensés participer pour obtenir un avenir qu'ils auront eux-mêmes choisi ! Alors que c'est ce que prétendait souhaiter les affiches de la CAS/CNST !

Ces quelques remarques firent basculer au moins un instant la foule dans le sens de Torellini, par fierté nationale et désir de liberté.

- C'est pourquoi je vais proposer quelque chose de tout à fait différent ! Oui la Verdurie doit recommencer à fonctionner et sortir de l'apathie que la guerre et l'occupation ont provoqué. Mais les verduriens doivent contribuer au redressement de leur pays ! Comment des bureaucrates pourront ils comprendre dans les délais les plus brefs quels sont les besoins du peuple ? Et n'oublier absolument personne en chemin ? Si les verduriens s'occupent eux-mêmes d'organiser la production ils ne se tromperont pas !
Donc, je propose de reprendre le travail, mais que ce soit les travailleurs eux-mêmes qui décident. Que les usines, les ateliers, soient organisés autour d'un conseil des travailleurs dans chaque lieu de production. Que ces conseils des travailleurs permettent aux verduriens de décider de ce qu'ils produisent et comment ils le font, et qu'ils permettent de continuer le débat sur l'avenir de la société de Verdurie pour ensuite faire remonter les revendications des verduriens jusqu'à cette place où se tiendra encore cette grande assemblée ! Je propose que pour répondre aux besoins du peuple, on divise la Verdurie en quartiers et que chacun de ces quartiers fasse parvenir aux conseils de travailleurs leurs besoins. Ainsi chacun pourra recevoir de quoi vivre selon ses besoins et personne ne sera oublié ! Ainsi chaque verdurien pourra participer à l'avenir de son pays à la fois en reprenant le travail et en participant aux assemblées qui débattront de ce vers quoi la société doit avancer ! »

La foule s'agitait, mais la crainte encore présente chez les verduriens limitait grandement le désordre, même si la tirade de Torellini avait eu pour effet de les encourager à montrer ce qu'ils voulaient. Chez les cadres des organisations révolutionnaires l'agitation était due à la certitude qu'ils allaient maintenant devoir choisir entre les deux leaders idéologiques.
Crow répondit à Torellini, qui renchérit juste après et appela des syndicalistes locaux dans la foule pour qu'ils montent et participent. Sa préparation avait consisté à prendre connaissance des syndicalistes verduriens présents à l'assemblée en plus de s'être occupé du bureau politique.
Le débat se fit plus haletant et à la fin de l'après-midi Crow outrepassa les prérogatives du président de l'assemblée, un verdurien de la CAS pour demander aux présents de voter avant de se séparer et mettre fin aux débats pour la journée.
Lorsque le vote eut lieu, ce fut un choc pour Crow. Il avait perdu. Mais ce qui le choqua ce n'était pas la majorité obtenue par Torellini, pas si forte que cela d'ailleurs, mais le fait que se concentrant sur les membres influents des organisations, à commencer par le bureau politique de la CNST, il avait vu là aussi une majorité en faveur de Torellini. Le retournement de certains membres du bureau central de la CAS et l'absence d'autres tel Lepontay avait beaucoup joué. Le général Crow était furieux d'avoir été battu d'une telle façon. La situation était d'autant plus grave pour lui que le lendemain il devait rencontrer Treviso dans un repaire de la CAS et qu'il ne pourrait donc pas s'occuper de redresser la barre avant le surlendemain. Torellini avait préparé son coup et allait pouvoir poursuivre sans répit. Nul doute que l'absence de Crow allait permettre à son adversaire désormais déclaré de prendre une énorme avance et de marteler ses idées.
Il se prépara donc à recevoir des coups une journée entière sans pouvoir les rendre et prévint ses partisans qu'il ne faudrait plus suivre les consignes émanant de Torellini. Par contre ne pas appliquer le vote du jour ne pouvait que discréditer son camp. L'ALPI reçut donc les directives de l'assemblée pour la reprise du travail.
Le pouvoir politique sort du canon d'un fusil.
Marx n'a rien inventé ! Il me doit tout !
Avatar de l’utilisateur
General Crow
Administrateur
 
Messages: 116
Inscription: Dim 4 Oct 2009 08:05

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede ALPI » Dim 11 Oct 2009 03:38

Le lendemain de cette première bataille souterraine dont le commun des mortels ne s'était rendu compte, la ville Verdurie entière était placardée d'affiches indiquant le résultat.

A la lumière de cette première journée de l'assemblée du peuple verdurien pour le renouveau de la Verdurie, plusieurs décisions ont été prises par un vote démocratique à la majorité.

La vie doit reprendre son cours. La Verdurie ne pourra se relever de la guerre que si les activités du pays reprennent toute.

À dater de ce jour, l'état de paix est décrété et tout habitant de Verdurie doit retourner travailler à ses activités de paix.

À dater de ce jour, tous les êtres humains en Verdurie sont libres et égaux en droit. Le servage est assimilé à de l'esclavage et interdit. Le salariat est interdit. La noblesse de sang est interdite. Les privilèges héréditaires et les domaines féodaux sont interdits.

À dater de ce jour, la propriété privé des biens et outils de production est interdite ; la propriété privée de terres est interdite ; les terres, biens et outils de production sont contrôlés et sous la responsabilité des producteurs.

À dater de ce jour la production est collectivisé, toute production doit servir au bien commun et non à l'enrichissement personnel. Pour ce faire, des conseils de travailleurs sont institués. La production sera assuré et organisé par ces conseils de travailleurs. Les conseils des travailleurs seront constitués de tous les travailleurs d'une production et chacun de l'ouvrier spécialisé aux cadres et techniciens aura le même droit de vote pour les prises de décisions et le même droit à la parole.

À dater de ce jour la Verdurie sera divisée en quartiers pour répondre plus facilement aux besoins de chacun. Venez vous renseigner aux palais royal pour connaître votre quartier et sa délimitation. Chaque quartier sera représenté par un conseil de quartier qui rassemblera chaque personne vivant dans le quartier, qu'elle y vive dans la rue ou dans une maison individuelle. Chacun aura le même droit à la parole et le même droit de vote dans son conseil de quartier. Les conseils de quartier devront dresser la liste des besoins de chacun dans les quartier, recevoir les demandes de chacun afin d'apporter à chaque habitant ce dont il ou elle a besoin pour vivre dignement. Ces listes de demandes devront être transmises aux palais royal jusqu'à la création d'un nouvel état de Verdurie.

Le palais royal occupé par l'ALPI se chargera de transmettre les demandes et les besoins des conseils de quartier aux conseil de travailleurs.
Afin d'assurer la fluidité de la production et son efficacité, il est proposé aux conseils de travailleurs de se mettre en relation ,et au sein des mêmes branches de créer des syndicats de travailleurs. Ces syndicats créeraient un lien entre les différents lieux de production d'un même bien et permettrait de répondre plus efficacement aux besoins des travailleurs et des usagers tout en diminuant la surproduction.

Les conseils de quartier et conseils de travailleurs doivent aussi être des lieux de débats et la prolongation du travail intellectuel qu'est l'assemblée pour le renouveau de la Verdurie, pour ne surtout pas empêcher les verduriens de ne pas participer à leur propre avenir. Au moins jusqu'à la création d'un nouvel état de Verdurie, il est demandé aux conseils d'envoyer au palais royal les comptes-rendus de leurs idées, revendications et débats au minimum une fois par semaine.


En se levant et en sortant de chez eux, les verduriens découvrirent ce texte avec curiosité et un intérêt mêlé de crainte. Beaucoup se rendirent sur la place du palais pour qu'on leur explique ce que ce texte signifiait et toute les implications qu'il sous-entendait. C'est ainsi que débuta la deuxième journée de l'assemblée du peuple pour le renouveau de la Verdurie. Avec bien plus de monde que la veille.
Avatar de l’utilisateur
ALPI
 
Messages: 6
Inscription: Dim 4 Oct 2009 22:03

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede Benedicte Torellini, CNST » Dim 11 Oct 2009 03:38

La journée paraissait radieuse à Bénédicte Torellini. La journée tout entière pourrait être consacrée à prendre de l'avance sur Crow et à préparer sa chute. Ce dernier étant absent pour la journée en raison de son rendez-vous avec Treviso, rien ni personne ne pourrait empêcher Torellini de faire l'une de ses spécialité : se mêler à la base des syndiqués et du peuple en général afin de mieux faire passer son message et de s'attirer sa sympathie. Les cadres de la CNST auraient de toute façon été méfiants si il avait décidé de s'adresser à eux ce jour là. Après le coup d'éclat de la veille les crowistes avaient resserré les rangs et les autres se seraient occupés à éviter d'avoir trop l'air de soutenir le dissident. D'autant que lui parler ou obéir à ses demandes en qualité de membre du bureau politique était une forme de soutien.

Bénédicte était donc avec la foule et expliquait aux gens les principes édictés dans l'affiche qui avait été placardée dans toute la Verdurie. Encore et encore, sans se fatiguer et avec une infinie patience, il expliqua, justifia, explicita. Chaque propos, chaque règle édictée, chaque principe de fonctionnement. Mais presque à chaque fois les verduriens repartaient convaincus, voire même heureux de passer du salariat à la maîtrise de leur participation à la vie du pays. La prochaine étape serait sans doute de se jouer des réticences en tablant sur l'influence que le groupe aurait sur chaque individu.
Si dans les quartiers des clochard devaient être logés et nourris pour survivre, les notables n'oseraient surement pas s'opposer à ce qu'ils s'installent dans leur vastes demeures de peur de s'attirer une très mauvaise réputation dans le quartier.

Torellini trouva cependant le temps de laisser une note auprès des officiers de l'ALPI. Il fallait que les troupes empêchent tout débordement. Les nouvelles règles de fonctionnement de la société risquaient d'être propices aux règlements de comptes et Bénédicte voulait que la ville reste calme, qu'aucune bâtisse ne soit saccagée ou incendiée, qu'aucun commerce ni aucun entrepôt ne soit détruit parce que certains voudraient profiter de la collectivisation pour se venger d'une vieille querelle. La fin du patronat ne devait pas mener au massacre des patrons.
Dans l'esprit de Torellini, un choc trop violent ne pouvait que dresser le peuple contre la révolution et compromettre son succès sur le long terme. Il était pour lui illusoire d'espérer briser dans la violence en seulement quelques années ce qui avait baigné toute vie humaine pendant les derniers siècles.

Après des heures à accueillir les verduriens pour leur rapporter tout ce qu'ils souhaitaient savoir, le flot finit par se tarir peu à peu. Il resta cependant assez de monde sur la place pour que l'assemblée se déroule sans qu'on ait suffisamment de places assises. On débattit sur la forme que l'ALPI avait donné aux décisions de la veille. Quelques verduriens prirent la parole -une première- pour dire qu'ils trouvaient ça très différent de ce qui avait été décidé. Ce fut Torellini qui monta à la tribune et justifia la forme donnée aux décisions :
« Permettez moi de vous expliquer le pourquoi de ces règles et le raisonnement qui les anime. Pour commencer, ne perdez pas de vue que notre objectif est celui d'une société où chacun participe, où nous sommes tous égaux et libres. Dans ces conditions, on ne pouvait que reprendre les principes de base de la révolution française que sont l'égalité en droit de tous et l'abolition des privilèges. Je ne crois pas que vous vouliez davantage d'un duc ou d'un comte que du prince ! C'est la raison première. Ensuite, la forme qui a été décidé hier est respectée pour la reprise du travail. Pour savoir ce qu'il nous faut produire au minimum, nous avons besoin d'un moyen de connaître efficacement les besoin de chacun. Et ce toujours dans un esprit d'égalité pour tous. D'où les conseils de quartier qui pourront faire cela vite et sans oublier personne, sans que manque à l'appel un malade qui n'aura pas pu se signaler, sans qu'on oublie une mère qui doit rester chez elle s'occuper de ses jeunes enfants.
Pour les conseils des travailleurs, les raisons sont autres, et elles sont multiples. D'abord, notons que nombre de patrons ont abandonné le pays quand les cathanes sont arrivés et ne sont pas revenus et que la plupart des autres ont collaboré avec le monstre tyrannique de Cathanie. Dans ces conditions on ne peut pas de manière sensée demander à ces gens de reprendre la production. Par contre les travailleurs de la terre ou de l'atelier sont toujours là. Les propriétaires terriens ont fui avec leur souverain mais les paysans sont restés. Seuls ceux qui restent sont en mesure de reprendre le travail. Personnellement je connais trop peu le travail de la ferme pour aller m'en occuper à la place des paysans qui travaillent la terre de Verdurie depuis des années. Pour travailler, si la décision d'hier n'avait pas été prise, il aurait fallu répartir les biens et outils de production entre les travailleurs qui étaient au service des maîtres et des patrons absents. Quoi de plus injuste pour un paysan que voir les immenses et riches terres des nobles réparties entre quelques paysans autrefois sans terre qui deviennent soudain des propriétaires terriens plus riches que lui ?
Le plus sage reste incontestablement de mettre toutes les terres et tous les outils en commun et de faire à part égale pour répartir. Avec cette règle d'autogestion tous les paysans sont désormais responsables de plus grandes parcelles et ont maintenant un libre accès à tous les outils disponibles lorsqu'ils en auront besoin alors que ça leur était impossible par le passé. La création des syndicats et coopératives permettra en plus d'organiser les travailleurs entre eux pour que l'utilisation commune des outils ne génère pas de conflit et qu'ils s'entraident pour l'exploitation des terres en particulier en période de récolte. Ce procédé d'autogestion nous permettra d'améliorer les récoltes en Verdurie et ce révèlera bien plus efficace que la gestion capitaliste.
En ville, pourquoi attendre que les patrons reviennent au pays pour se remettre sous leurs ordres et à nouveau leur permettre de s'enrichir et de faire des bénéfice avec le travail de leurs employés ? Les machines sont là, les travailleurs sont là, et le besoin de leur production est déjà là aussi. Les travailleurs n'ont pas besoin d'attendre le retour de leur patron pour reprendre le travail ! Grâce aux coopératives et syndicats de travailleurs le travail pourra reprendre parce que le lien entre les lieux de production permettra de savoir où se procurer les matières première, et le lien avec les conseils de quartier permettra de savoir à qui envoyer les produits fabriqués. En plus, si les travailleurs n'ont pas de patrons, tous les revenus d'un lieu de travail seront répartis non plus selon le bon vouloir du patron mais par l'assemblée de tous les travailleurs de ce lieu de production. Les conseils des travailleurs pourront répartir de manière égale les revenus pour que tout le monde en profite. Dans le système capitaliste bien trop de travailleurs étaient exploités et se tuaient à la tâches des dizaines d'heures chaque jour juste pour gagner de quoi manger. Les patrons sous-payent leurs salariés et les exploitent plus que c'est supportable ! Regardez les gens dans la rue qui n'ont pas de travail parce que les patrons veulent qu'il reste des chômeurs afin d'obliger ceux qui veulent travailler à accepter des salaires plus faibles !

Je vous propose de nous atteler maintenant à ce problème. Chacun doit être libre, mais chacun doit aussi participer au fonctionnement de la société ! Pensez à ce qui se passerait si tous ceux qui ne travaillent pas le faisaient ! Plus besoin de se tuer à la tâche, avec les travailleurs supplémentaires ont pourra diminuer le temps de travail sans diminuer la production, et tout le monde vivra mieux. Tout le monde se mettra à participer activement à la société. Qu'en dites vous ? »
________________
Bénédicte Torellini, commissaire du peuple au bureau politique de la CNST.

"La révolution doit être permanente et mondiale pour qu'un monde libre puisse naître et survivre."
Avatar de l’utilisateur
Benedicte Torellini, CNST
 
Messages: 44
Inscription: Dim 4 Oct 2009 21:49

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede Benedicte Torellini, CNST » Dim 11 Oct 2009 03:39

C'est comme cela que Bénédicte commença à pousser les discussions vers des points toujours plus avancés de son idéologie, détournant l'assemblée de ce qui était son but officiel : parler d'une nouvelle forme de gouvernement pour la Verdurie. Il était question pour Torellini de faire trainer le plus longtemps possible pour que les verduriens s'habituent à ce qui avait été présenté comme une réponse temporaire. Plus il se passerait de temps dans cette situation, avec des modifications dans la forme du travail vers une autogestion comme celle prônée par Bénédicte et plus les verduriens auraient eu le temps de voir tous les avantages que cette forme de fonctionnement offraient le moment venu.
Plus le nouveau système de production aura été intégré plus les verduriens pèseraient en faveur de l'idéologie de Torellini à l'avenir.

Le débat fut donc poussé dans une direction opposée à la constitution d'un nouveau gouvernement par des digressions successives que les partisans de Bénédicte avec la maestria d'un chef d'orchestre. Les discussions tournèrent autour du fonctionnement décidé la veille et de ce qui allait en découler. On développa tous les raisonnements possibles sur ce qui découlerait de ce mode de fonctionnement tout en mettant soigneusement de côté la création d'un état officiel en Verdurie.
Il fut cette fois question de la suppression du chômage. Un vote à l'unanimité déclara que tous les chômeurs et les inoccupés devraient participer à l'effort productif dans le secteur de leur choix afin que le travail nécessaire à la société soit réparti également entre tous et que chacun participe au fonctionnement de la société dans la mesure de ces capacités.
Il avait été dit que c'était la plus normale des résolutions dans la mesure où la société s'engageait à donner à chacun selon ses besoins du moment pour vivre dignement.

De là, la discussion partit vers les inactifs de la sociétés. On convint qu'après une longue vie de labeur les travailleurs devaient pouvoir prendre une retraite bien méritée. On parla de la possibilité de leur confier la charge de formateurs et d'éducateurs à l'avenir mais on se contenta le jour même d'accorder un droit de retraite « lorsque le travailleur ne sera plus en mesure de remplir sa fonction après des années de dur labeur ». A l'unanimité, le choix qui avait été fait de l'autogestion rendait inutile le fait de préciser un âge ou une période de travail associée au droit à la retraite. Chaque conseil de travailleurs avait été déclaré souverain au même endroit la veille.
Lorsqu'on parla des enfants le débat fut plus long mais il fut décider assez vite qu'on ne devait pas autoriser le travail des enfants avant l'adolescence à l'exception des tâches saisonnières comme les moissons et qu'ils devaient disposer d'une éducation aussi complète que possible pour pouvoir à l'âge adulte remplir n'importe quelle fonction au sein de la société et en devenir des acteurs importants. Des médecins dans l'assemblée déclarèrent que les enfants ne devenaient vraiment vigoureux qu'à partir de 14 ans et qu'il serait sage de fixer le stade de l'adolescence à cet âge là, mais on ne décida pas d'un âge précis par le vote. De toute façon les membres de la CNST rappelèrent que le travail des enfants était une obligation des travailleurs du temps de l'exploitation patronale pour obtenir de quoi vivre mais qu'il ne se justifiait plus dans une société sans exploiteur où les parents obtenaient toujours de quoi faire vivre leur famille.
Le cas le plus débattu et qui ne fut pas tranché fut celui des femmes. Elles étaient pour les révolutionnaires les égales des hommes, mais la qualité de mère requérant des efforts considérables plusieurs syndicalistes dont Torellini lui-même annoncèrent ne pas pouvoir prendre position pour décider si les femmes qui ne travailleraient pas devaient être considérées comme active ou non. « Elles œuvraient à éduquer les nouvelles générations d'une société plus juste » comme le dit Bénédicte Torellini et méritaient donc les mêmes égards que les travailleurs, mais les travailleuses devaient aussi contribuer à l'effort productif de Verdurie. Divers intervenants évoquèrent les industries naissantes qui faisaient appel aux femmes, comme l'industrie textile, et les tâches qu'elles accomplissaient depuis toujours aux côtés de leurs maris bouchers, poissonniers, etc...
La situation des femmes ne fut pas tranchée mais on décida quand même que les femmes travailleuses auraient les mêmes droits que n'importe quel travailleur et devraient participer aux conseils de travailleurs comme n'importe quel autre travailleur.
Les débats en étaient arrivés à ce point lorsqu'on décida de suspendre l'assemblée pour la journée. Le lendemain Crow reviendrait et ferait tout son possible pour empêcher Torellini de mettre en œuvre ses projets.
Bénédicte Torellini, commissaire du peuple au bureau politique de la CNST.

"La révolution doit être permanente et mondiale pour qu'un monde libre puisse naître et survivre."
Avatar de l’utilisateur
Benedicte Torellini, CNST
 
Messages: 44
Inscription: Dim 4 Oct 2009 21:49

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede Benedicte Torellini, CNST » Lun 10 Mai 2010 19:12

Le Général Lee Crow avait échoué. Lui et Torellini s'étaient mené une guerre silencieuse et sans merci pendant près de 3 mois. Pendant ce temps, alors que chacun avançait ses pions, la Verdurie s'arrimait plus durablement au mode de fonctionnement que Torellini avait réussi à faire mettre en place.

Les Crowistes avaient été écartés, éloignés dans les frontières cathanes alors que Torellini semblait devenir un permanent des débats des verduriens sur l'avenir de leur pays. Le Général Crow malgré son prestige n'était pas parvenu à compenser les départs de ses plus fidèles amis et camarades en se rapprochant des verduriens eux-mêmes. Bien qu'apprécié du peuple et considéré comme héros national, c'était Torellini qui pour les verduriens était le véritable gestionnaire sauveur du pays.

En effet, chaque jour voyait la Verdurie se relever par les méthodes prônées par cet homme de l'ombre, cet idéaliste qui terrifiait à Métropolis mais avait su ici faire valoir la beauté et la justice qui résidaient dans son modèle. Les Assemblées Générales des travailleurs et les assemblées de quartiers suivaient la plupart des directives proposées par Torellini.
Arrivé en Décembre 1839, défait et ne tenant d'être encore une éminence publique qu'à son prestige de héros de guerre, Lee Crow n'eut plus d'autre choix que de négocier de façon directe avec Torellini. La solution pour qu'aucun des deux ne soit entaché par cette bataille politique qui heureusement n'avait jamais débordé de manière sanglante -sans aucun doute parce que chacun craignait avec justesse la capacité de réponse de l'autre en cas d'agression moins subtile- fut la suivante :
- Torellini devenait secrétaire général de la CAS et conservait son rôle de commissaire du peuple au sein de la CNST, et représenterait la CAS en Verdurie.
- Crow de son côté retournerait à Métropolis, officiellement pour soutenir le peuple Métropolissain en difficulté face à Ludwig II, y resterait le secrétaire local de la CAS et tenterait de mener à bien les objectifs fixés par la CAS.

Ainsi en Janvier 1840 il ne restait pratiquement plus de Crowistes en Verdurie ou alors ceux-là avaient toujours été à la fois des soutiens de Bénédicte Torellini.

En mai 1840, la Verdurie était transfigurée. Son nouveau visage était celui d'un pays relevé, fort et tourné vers l'avenir.
Torellini fut élu président de Verdurie par une élection au suffrage universel des Hommes et des Femmes de plus de 16 ans le 6 avril 1840, pour un mandat de 1 an renouvelable tant de fois que les citoyens le jugerait digne de diriger, et devint ainsi le premier Président de la Démocratie Prolétaire de Verdurie.
L'assemblée Générale de Verdurie fut institutionnalisée et ce rassemblement journalier devint non plus une simple assemblée constituante mais le lieu de toutes les décisions importantes pour l'avenir de la Verdurie. Ce lieu étant toujours ouvert à tout vents, il devint vite un lieu envahi par tous ceux qui voulaient se faire entendre et on institutionnalisa donc aussi le lieu où il était tenu : la place du palais royale de Verdurie, seul Place assez grande pour accueillir les foules immenses qui se réunissaient là quotidiennement. Tout citoyen avait sa part là-bas et les débats se faisaient rude, mais au bout de quelques mois la situation se simplifia. Ce rassemblement étant devenu une habitude, les verduriens se groupèrent pour n'envoyer qu'un seul représentant et continuer à travailler. On vit ainsi l'émergence d'une classe politique en Verdurie, tenue par les anarchistes et les socialistes en grande majorité, avec quelques socio-démocrates et quelques libéraux capitalistes très minoritaires. Les royalistes avaient tous fui le pays, et les libéraux avaient dès le mois de décembre décidé de ne plus participer aux débats après avoir été hués presque chaque jour par la plupart des gens présents. Torellini avait brillamment réussi à s'attirer les sympathies des anarchistes et des socialistes révolutionnaires, s'assurant le maintien de sa majorité absolue même lorsque Crow partit avec les derniers hommes armés de l'ALPI pour retourner à Métropolis soutenir la révolution.
Cette situation était due aux représentants des verduriens eux-mêmes. Ces représentants ne venaient pas de partis car ils ne faisaient qu'émerger et la CAS était la seule force portant un discours cohérent sur tous les points de débat mais étaient soit des représentants d'assemblée générale de quartier soit des représentants d'assemblée générale de travailleurs. Or dans chacune de ces assemblées là, la CAS disposait de soutien et d'au moins une voix pour exprimer sa position et l'expliquer.
Il en résultat de nombreuses décisions puis lois en faveur de Torellini. D'abord une constitution fut votée. L'assemblée avait un pouvoir législatif pour toute la Verdurie, mais les assemblées générales de quartiers conservèrent leur pouvoir sur toutes les décisions de gestions des quartiers. Les assemblées générales de travailleurs conservèrent elles le pouvoir de gestion de l'économie dans le cadre anarcho-socialiste mis en place par la constitution.

Au cours des 6 derniers mois, les syndicats ouvriers s'étaient multipliés avec la bénédiction de l'idéaliste qu'était Torellini mais la CAS et son syndicat local représentait plus de 75% des travailleurs.

Dans ces cadres, Torellini avait en effet appliqué beaucoup de décisions qui déjà à Métropolis lui avait permis de voir sa vision rester l'une des premières exprimées dans la CNST : Des membres "bien formés" de la CAS furent logés dans tous les quartiers de Verdurie pour s'assurer que chaque assemblée générale puisse entendre la voix d'un Torelliniste bien formé capable de défendre le point de vue de son organisation. Ensuite, les anciens combattants de la CAS qui quittaient petit à petit l'ALPI depuis la fin de la guerre contre la Cathanie furent réintroduits dans la société verdurienne dans le plus grand nombre d'entreprises possibles.
Enfin, le système mis en place par Torellini et les verduriens reposait sur une administration efficace capable de faire la jonction entre toutes les demandes formulées par les assemblées générales de quartiers et les décisions des assemblées générales de travailleurs, capable faire communiquer l'ensemble des activités productives à toutes les échelles pour que le pays se développent sans que quiconque soit laissé sur le bord de la route.
Les fonctionnaires représentaient donc un pouvoir considérable, or c'était encore l'ALPI qui était garante du fonctionnement de l'administration... Torellini fit en sorte que les postes clés soient tenus par des hommes et des femmes proches de ses positions et réarma son réseau secret pour en faire une police administrative interne dont la fonction première serait de protéger la Verdurie de la corruption.

Les partis politiques verduriens en 1840 sont des groupes de discussion plus que des partis ; il n'y a en effet pas de "programme" ni de campagnes lors des élections car toutes les décisions sont prises par des assemblées générales et non une assemblée de représentants. Les élections ne consistent qu'à envoyer des hommes ou des femmes dire à l'assemblée générale de Verdurie quelles décisions ont été prises par l'assemblée de travailleurs ou de quartiers. Quant à l'élection du président, il ne s'agit pas d'un homme politique classique mais du chef de l'administration qui ne possède pas plus de droits que les autres citoyens et n'a pas de gouvernement. Ce que font les gouvernements dans les républiques, ce sont les assemblées générales qui le font en Verdurie ; la séparation des pouvoirs ne s'est pas faite dans ce pays en créant une république avec des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires distincts mais en divisant chacun de ces pouvoirs entre tous les habitants.
Le pouvoir judiciaire est d'ailleurs assez particulier : L'assemblée générale, encore une fois, décide du sort des délinquants et des criminels. Toutefois, les crimes et les délits graves qui affectent un quartier sont tranchés par l'assemblée générale d'un autre quartier non limitrophe et non impliqué par l'affaire afin de garantir un jugement neutre et impartial. Dans le cas où tout le pays serait impliqué, c'est l'assemblée générale de Verdurie qui doit trancher (dans laquelle tout citoyen a une voix et le droit de s'exprimer). Inaugurant le dernier point de ce système judiciaire novateur, le sort du prince de Verdurie fut tranché par référendum selon les règles établies par la constitution qui fait citoyen tout homme et toute femme (sans distinction de race ou de religion) de plus de 16 ans. Charles 1er de Verdurie fut ainsi condamné le 15 février 1840 après de houleux et long débats à se voir destituer de son rang de citoyen et à se voir réduit à participer à une assemblée de travailleurs au cas où il déciderait de rester sur le territoire verdurien, il préféra s'exiler à Métropolis plutôt que devenir ouvrier textile comme on lui proposa.

Grâce au système économique autogestionnaire inspiré des rêves de Torellini et des entreprises de la CNST à la fin de la république de Métropolis, l'activité de Verdurie se releva rapidement et les travailleurs virent leur niveau de vie augmenter.
La société mise en place par l'ALPI fournit en effet à chacun alimentation, éducation, logement et travail mais chacun peut voir augmenter sa part si il participe activement à l'activité politique, culturelle ou sociale de Verdurie. Il en va de même pour ceux qui offrent leurs services comme formateurs pour la jeunesse au sein du service obligatoire des jeunes qui de 16 à 19 ans ont obligation de participer aux grands travaux du pays et aux activités pour lesquelles on manque de travailleurs.
Ce service obligatoire des jeunes permit aux jeunes de s'impliquer d'une façon nouvelle dans la vie de la société et d'avoir l'assurance de participer de manière respectée au développement du pays tout en acquérant de l'expérience et du savoir-faire ; il permit aussi de reconstruire vite les dégâts liés à la guerre (l'ALPI participant aussi à cet effort-ci) et de commencer la construction de routes et chemins de fer nationaux en Verdurie.
Bénédicte Torellini, commissaire du peuple au bureau politique de la CNST.

"La révolution doit être permanente et mondiale pour qu'un monde libre puisse naître et survivre."
Avatar de l’utilisateur
Benedicte Torellini, CNST
 
Messages: 44
Inscription: Dim 4 Oct 2009 21:49

Re: Renouveau en Verdurie

Messagede General Crow » Lun 10 Mai 2010 20:18

Crow était parti. Mais avant de partir, pour son ancien camarade qui l'avait vaincu de façon honorable sans recourir aux nombreux moyens -la plupart très douteux- à sa disposition, il avait laissé à la Verdurie en héritage une proposition qui avait été adoptée presque à l'unanimité :
la défense du pays allait repasser entre les mains des verduriens, qui seraient formé au combat de 19 à 21 ans et conserveraient en finissant leur arme de service pour pouvoir défendre le territoire national si un jour quiconque tentait d'envahir le pays. Hommes et femmes seraient d'ici une génération comme la CNST l'avait rêvé pendant la révolution : aussi capable que des soldats, bien équipé et capable de tenir chaque mètre de terrain face à n'importe quel agresseur.

Les jeunes citoyens étaient voué d'après la décision à remplacer à terme l'ALPI dans ses fonctions de préservation de l'intégrité de l'administration et des représentants, encadrés par une troupe permanente réduite incapable de se prétendre un vraie armée seule. L'idée était d'éviter tout risque de coup d'état ou de manipulation politique des forces armées comme les monarchistes avaient tenté de le faire à Métropolis avec Westmorland , ou d'éviter que Torellini ne soit tenté de trahir ses idéaux et d'user des pires travers dont il avait parfois accuser le Général Crow...

Cette dernière mise en garde de son camarade fut sans doute comprise par toute la direction de la CAS, tandis que le général reprenait avec des troupes de l'ALPI le combat à Métropolis pour finalement obtenir la victoire totale et la capitulation de la monarchie restaurée de Métropolis le 10 mai 1840
Le pouvoir politique sort du canon d'un fusil.
Marx n'a rien inventé ! Il me doit tout !
Avatar de l’utilisateur
General Crow
Administrateur
 
Messages: 116
Inscription: Dim 4 Oct 2009 08:05


Retourner vers La Verdurie [RP]

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron