« Petites rêveries« … c’est exactement ça.

L’environnement froid, les salles d’attente, des fauteuils alignés dans une grande pièce orthogonale. La vie quotidienne donne quelquefois l’impression de vivre dans une toile de Hopper, sans même la qualité de la lumière.

La plupart des magazines ne présentent aucun intérêt, RIEN, des gens qui attendent, aussi perdus que vous. Aucun endroit où accrocher son âme, une impression de gâchis du temps dont on dispose et il n’y en a pas autant qu’on en souhaite, du temps dont on dispose…

C’est alors que je me suis mis à dessiner dans ces endroits qui n’y étaient pas destinés, l’esprit s’évade et s’accroche à des restes de « road-movies » d’enfance, paysages vus réellement ou sur un écran de télévision, fragments mélangés… rêveries.

Petites… un petit format c’est un format portatif, on a bien fait des téléphones « portables »… alors pourquoi pas des peintures ou des dessins ? Ce ne serait pas la première fois. ça fait aussi référence à l’humilité du travail. La création a t-elle forcément besoin de briller ou de se justifier ? A t-on encore droit à la « vagabonderie de l’âme » ? Pour ma part je crois que oui, et qu’on y a droit où que l’on soie.

Encres… j’aime bien l’encre, déjà parce qu’on peut dessiner de manière instinctive, on dégaine stylo et carnet et puis voilà…. en avant ! Pas de préambules, pas de « matériel d’artiste ». La simplicité n’est pas forcément la facilité.
L’encre c’est aussi du « sans-filet »… pas le droit à la gomme… on travaille simple, direct, et si on fait des erreurs elles sont à accepter telles quelles.

Gouaches… là, c’est le contraire… variation autour d’une même trame, expérimentations, synesthésie ? La couleur suit la musique et l’humeur, car la couleur est musicale.